vendredi 3 avril 2009

Ils détruisent l'université !

La nouvelle est tombée hier, jeudi 2 Avril 2009, les enseignants, chercheurs et enseignants-chercheurs à l'Université Toulouse Le Mirail ont voté durant leur Assemblée Générale, qui ne représente bien évidemment que les présents mais qui se targue de représenter l'ensemble du personnel universitaire, la validation du second semestre pour tous ses étudiants.


Article de ladepeche.fr

Cette décision apparait comme un moyen de pression à l'encontre du gouvernement et serait "renégociable" si le gouvernement accepte de "retirer les réformes". Les membres de cette assemblée justifient leur position en estimant que c'est une réponse "juste" face à un gouvernement qui n'écoute pas leurs revendications et espèrent ainsi détruire les projets de réforme dit "LRU" et de l'Université.

Cette nouvelle est certainement la pire chose qui pouvait arriver à l'Université française.
Depuis maintenant quelques années, les étudiants sortant des facultés de Lettres, Langues et Sciences Humaines peinent à faire reconnaitre leurs diplômes et se retrouvent confrontés à la réalité de la réputation des universités lors de l'entretien d'embauche. Ces difficultés semblent lointaines et irréaliste lorsqu'on est encore étudiant et qu'on entend régulièrement des slogans tels que: "L'Université n'est pas un lieu pour trouver un travail mais acquérir de la culture".
Elles se trouvent pourtant être bien réelles lorsqu'on en sort et qu'en ces temps de crise, on souhaite décrocher son premier emploi.

En dehors de la dévalorisation constante des diplômes, se trouvent également la dégradation de la réputation et de l'image des Universités.
Le monde l'a très bien démontré dans son article du 31 Mars 2009: Les facs mobilisées voient leur image se dégrader

Les nouveaux bacheliers et travailleurs souhaitant reprendre les études, ne viennnent plus dans les universités publiques.
Ainsi, selon Le Monde, "Rennes aurait perdu près de 5500 étudiants inscrits en 4 ans entre 2005 et 2009, Montpellier est sur la pente descendante en perdant près de 7% de nouveaux étudiants inscrits chaque année depuis trois ans" et cela ne s'arrête pas là.

Les filières nécessitant des stages en entreprise telle la section des Langues Etrangères Appliquées, comportant un stage obligatoire lors de la Licence 3, parviennent de moins en moins à trouver des accords avec les entreprises pouvant accueillir leurs élèves.
Et de moins en moins de nouveaux étudiants veulent rejoindre les Universités de Lettres à cause de leur trop mauvaise réputation de "glandeur" et de "repère de gauchistes".

Les plus touchés sont certainement les étudiants travaillant à côté de leurs études. Ceux là, pour qui le début ou la reprise de la vie estudiantine coute cher sont certainement ceux qui pâtissent le plus de ce genre de comportement car ne pouvant plus accéder à l'enseignement, ils perdent un temps et des connaissances précieux qu'ils ne pourront pas ratrapper au moment des examens.


Si l'école française se targue souvent de la laïcité de ses enseignements, sa grande soeur l'Université s'est trouvé une nouvelle religion que certains enseignants et étudiants les plus extrêmistes ne cessent de mettre en avant: la politique.
Aujourd'hui, la liberté des idées n'existe plus et une minorité parmi les étudiants et les enseignants bloquent les Universités et empêchent les élèves d'accéder à l'enseignement, la connaissance et à des locaux "publics" car ils estiment que leurs idées prévalent sur celle des autres.
Sous prétexte d'agir pour le bien de tous, cette minorité n'agit en réalité que pour ses idéaux et balaye du revers de la main des libertés fondamentales telles que la liberté d'expression, la liberté de circulation et bien d'autres encore.
Agitant l'épouvantail des réformes, ils scient la branche sur laquelle ils sont assis et détruisent peu à peu, les locaux, l'image, les diplômes et l'Université elle-même.

Bientôt, les Universités de Lettres, Langues et Sciences Humaines n'auront plus besoin de "réformes" pour ne plus exister, les représentants syndicaux, étudiants et enseignants bloqueurs auront très bien tué son esprit d'eux même.

d'après Aix Marseille Libre

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