samedi 11 avril 2009

Université Aix-Marseille I: le président Jean-Paul Caverni appelle à la reprise des cours


Publié le samedi 11 avril 2009 à 12H23 dans "La Provence"


Jean-Paul Caverni
Photo Cyril Sollier


À trois jours d'une consultation décisive pour la suite du mouvement et, surtout, pour la validation de l'année universitaire, Jean-Paul Caverni, président de l'Université de Provence (Aix-MarseilleI) affiche clairement sa position.
Et revient sur les points qui font débat, y compris les notes du premier semestre...
"Elles n'ont pas toutes été saisies. Mais cela ne pose aucun problème puisque c'est nous qui programmons le logiciel de saisie. Il suffit de changer la date butoir."
Les choses ne semblent pas aussi simples pour les diplômes?
"Nous sommes habilités à délivrer des diplômes nationaux: ils doivent donc être conformes à cette habilitation. Notre marge de manoeuvre réside aujourd'hui dans le fait que nous devons parvenir à une conformité "dans l'esprit"...

Ce qui signifie?
"Si, en raison des événements, nous ne pouvons pas mettre en oeuvre les modalités de contrôle des connaissances comme elles étaient prévues, il faut que nous en définissions d'équivalentes. Un contrôle prévu comme "examen final" peut très bien être transformé en contrôle continu. "
Mais beaucoup de cours n'ont pas été dispensés...
"On peut encore décider de modifier le calendrier: mettre des cours là où il n'y en avait pas de prévu, reculer la date de fin d'année, programmer les examens finaux en septembre plutôt qu'en juin. "
Cette marge de manoeuvre dépend de l'issue du conflit?
"Oui. Si le conflit actuel devait se poursuivre, ces marges de manoeuvre diminueraient et il arriverait un moment où les diplômes ne pourraient plus être délivrés. Nous n'en sommes pas encore là mais le temps joue contre nous. "
Avez-vous changé d'opinion depuis le début du mouvement?
"J'ai toujours dit, et je l'assume, que les revendications de départ (sur les moyens, sur le décret et sur la formation des enseignants du primaire et du secondaire) étaient légitimes. J'ai pris position publiquement. Aujourd'hui, même si tout n'est pas réglé, je considère que des points importants ont été obtenus. "
Lesquels?
"Sur les moyens déjà, j'ai obtenu la garantie que ma masse salariale ne serait pas amputée jusqu'à fin 2011. Et concernant le décret, on a obtenu le retrait de la partie concernant les enseignants-chercheurs. "
C'est-à-dire?
"Aujourd'hui, un enseignant doit faire un certain un nombre d'heures, à partager à égalité entre les heures de recherche et les heures d'enseignement. Il était écrit dans le décret que si l'on n'était pas performant en recherche on ferait plus d'enseignement. Mettez- vous alors à la place d'un étudiant et dites-vous: l'enseignant qui est en face de moi est précisément là parce qu'il est mauvais en recherche... Vous tuez l'institution! C'était sans doute une maladresse malencontreuse... Ça a été enlevé! "
Que reste-t-il en suspens?
"Il reste un problème, qui n'est pas mince, c'est celui de la masterisation. Il concerne la formation des enseignants du primaire et du secondaire dont les diplômes, qui sont composés de plusieurs disciplines, tendent à être déséquilibrés par le décret. Car pour obtenir un diplôme on n'étudie pas uniquement cette matière. Mais quand la matière en question devient moins importante que les matières annexes, forcément, ça pose problème. Pour être prof de sciences expérimentales, par exemple, il n'y avait pas d'épreuves d'expérimentation de prévues. Pour être prof de langues, il n'y avait pas d'oral! Concernant ce point, nous avons obtenu que la mise en place soit repoussée d'un an avec une période transitoire encore assez floue qui demande des précisions... Tout n'est donc pas encore réglé. "
Vous jugez donc les avancées actuelles suffisantes?
"Sur ce point du "suffisant ou pas", j'ai bien évidemment une opinion. Mais en tant que président d'université, je ne peux pas imaginer que nous ne délivrions pas les diplômes. Nous en avons le devoir juridique et moral. C'est précisément pourquoi j'ai proposé que nous ayons une forme de revendication compatible avec la délivrance de diplôme valide. Mardi, il y aura donc une consultation sur ce point. "
Si la réponse est positive, à quoi cela pourrait ressembler?
"La forme précise resterait évidemment à définir. Mais un jour par semaine pourrait être dégagé afin de préparer des états généraux, ou manifester, ou faire des forums dans l'université... "

Vous appelez officiellement à une reprise des cours?
"Je ne serai pas dans mon rôle si je ne faisais pas tout pour permettre que les enseignements se déroulent normalement. C'est pourquoi je demande et je souhaite la reprise des enseignements. Je ne peux pas accepter que l'on dise à un étudiant: "Cette année, tu n'auras pas ton diplôme!" "
Restez-vous optimiste?
"Je suis... préoccupé! Mais je me bats! Je fais tout pour que ça marche et pour qu'on en sorte. À titre personnel, dans la mesure où je ne suis ni "carrément pour" ni "carrément contre", ma position n'est pas simple... Mais il faut que nous nous prenions en charge afin de trouver de nouvelles formes de contestation. Il y a urgence! "

1 commentaire:

Anonyme a dit…

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